
En
1556 :
« Les bains préparés avec eau douce sont de grands
émoluments et profit, et plus ceux qu'on baille le soir que ceux
du matin. Car après la viande, le bain a plus grand pouvoir de
corriger l'intempérie des choses chaudes, principalemant en ceux
qui sont de rare texture, secs, ayant le corps rempli d'humeur
âcres." (8)
En
1895:
« L'influenza, si redoutée de nos jours, qui se
répand de plus en plus, qui cause tant d'effroi aux hommes et en
a fait périr des milliers, se guérit très
facilement par de simples lotions. Si pendant huit, dix ou douze
heures, on sort chaque heure de son lit pour se faire une lotion
rapide, habituellement, au bout de deux ou trois lotions, on est
couvert d'une transpiration abondante; si l 'on continue jusqu'à
ce que toute fièvre soit tombée, au bout de ces huit dix
ou douze heures, le malade est complètement guéri. Aucune
autre application n'est nécessaire.[...]
Le bain de pieds a une action toute particulière sur les
organes de la voix. Je ne puis assez recommander le bain de pieds froid
à ceux dont la voix est faible, ou qui ont de temps en temps une
extinction de voix. Il agit aussi sur la tête et le cou, fait
descendre le sang de la poitrine et du ventre vers le bas, en
même temps qu'il fortifie et endurcit le corps entier. On peut
aussi le recommander avec succès dans les cas de
constipation et de congestion dans le bas-ventre, surtout chez les
femmes » (9)
En
1785
« Comme la médecine a reconnu de tout temps qu'il y avait
des humeurs si grasses, si visqueuses, si adhérantes aux
viscères et aux autres parties du corps, qu'il était
impossible de les faire évacuer ni par la fréquente
saignée, ni par les plus violents vomitifs et purgatifs, elle a
eu recours aux bains, aux étuves, aux eaux minérales et
aux sudorifiques pour les fondre, subtiliser et mettre en mouvement: et
ayant observé que les corps les plus cacochymes et les maladies
les plus invétérées cédaient quelquefois
à la vertu de ces remèdes, elle en a établi si
puisamment la réputation chez les Grecs et chez les Romains,
qu'elle ordonna indifféremment l'usage aux sains et aux malades.
Mias comme l'inconstance est le partage de l'homme, et qu'il perd
souvent le goût des meilleures choses pour ne pas
réfléchir assez sur l'utilité qui lui en revient,
que la plupart des médecins n'ordonnent aujourd'hui ces
remèdes qu'à la délicatesse et à la molesse
des malades, ou après avoir ruiné leur
tempérament, dissipé leurs esprits et
épuisé leurs forces, au lieu de les préparer
à recevoir les effets salutaires qu'ils en attendent, je ne vois
pas qu'il y ait lieu de s'étonner, si ces mêmes
remèdes leur deviennent ou inutiles, ou funestes par le
désordre de cette pratique, ce qui est d'une si grande
conséquence, que je crois être indispensablement
obligé de la rendre sensible à ceux qui la suivent
aveuglément, et leur faire observer que c'est un moindre
égarement d'ignorer la vérité, que de ne pas la
suivre après l'avoir connue.
Comme pour faire transpirer et évacuer ces humeurs crasses et
visqueuses, on a éprouvé inutilement les saignées,
les vomitifs et les purgatifs, comme j'ai dit, et qu'on est
forcé d'avoir recours aux bains pour avoir cet effet, il est bon
de savoir que le bain du logis est meilleur que celui de la
rivière, parce qu'on peut le prendre le soir et le matin, et
qu'il fait du bien quand il est tiède, et quand on règle
le temps de le prendre sur l'état présent des malades,
qui est une demi-heure pour les faibles, et d'une heure ou plus pour
les forts.
On peut de cette manière se baigner une ou deux fois le jour
pendant huit ou dix jours de suite, en prenant chaque fois dans le bain
un bouillon à la viande avec le jus d'une demie bigarrade ou
quatre cuillérées de bon vin, et non pas du petit lait,
comme on fait quelquefois par le plus cruel des abus.
Quand on manque d'observer ce temps dans l'usage du bain tiède,
et qu'on l'étend à l'égard des faibles et des
forts jusqu'à deux heures ou plus le matin, et autant le soir,
le bain pour lors ramolit les chairs, affablit les nerfs, rend
l'entendement stupide et hébété, et excite souvent
des hémorrhagies et des défailances qui sont les
avant-coureurs de la mort .[...]
Après que les malades ont été fatigués et
rebutés de la conduite ordinaire de la Médecine, on les
envoie pour toute ressource aux Eaux minérales. Mais comme on ne
peut rien établir de ferme sur un fondement qui ne l'est pas, et
qu'il y a peu à espérer de l'incertitude de l'art, que
peut-on juger du succès des eaux, non plus que du bain du lait,
que par l'épreuve qu'on en fait. A quoi doivent s'attendre ces
pauvres valétudinaires, qu'on échauffe, dessèche
et consume sans pitié, au lieu de les humecter et de les
soutenir par de bons aliments et de facile digestion, qu'à la
fatale nécessité de périr misérablement
dans le lieu de ces eaux, ou en chemin, ou peu après leur
retour, pour avoir négligé de prescrire quelque
modération dans leur usage ?" (10)
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