Et l'
Encyclopédie
de Diderot et d'Alembert (tome XIV):
"La racine fraîche de cette plante a une saveur douceâtre
qui n'est point désagréable et est absolument inodore,
elle est pleine d'un suc laiteux. Ce suc se détruit, se
décompose peu à peu à mesure que la racine se
dessèche, et sa saveur douceâtre
dégénère aussi par la même altération
en un goût léger d'amertume. Elle conserve dans la cuite
avec l'eau un goût particulier assez relevé et comme
aromatique...
Le suc de cette racine, la décoction et son eau distillée
sont des remèdes généralement employés dans
la petite vérole, et vantés contre les fièvres
malignes, la peste et les morsures des bêtes venimeuses. Il est
cependant plus que vraissemblable que ces vertus sont absolument
imaginaires, et du moins très légères, c'est le
sentiment de M. Cartheufer. Cet auteur ne reconnut dans la
scorsonère qu'une qualité analeptique, adoucissante et
tempérante qu'il a déduit du principe muqueux. Or la
qualité adoucissante du principe muqueux n'étant rien
moins que démontrée, il pourrait bien être que la
vertu accordée à la scorsonère par M. Cartheufer,
fut aussi imaginaire que celle qu'il lui accorde.
La racine de scorsonère a été d'ailleurs
comptée parmi les remèdes propres contre les obstructions
des viscères du bas-ventre, les maladies hypochondriaques, les
hydropisies naissantes."