
Une atmosphère et de deuil
et
d'épouvante semble planer encore sur la petite ville de
Saône et Loire de Saint-Yan qui demeure sous l'obsession de ses
lugubres souvenirs.
Dans la région, on sait quel fut l'adieu
sinistres des occupants de ce gracieux village, dont ils avaient
espéré faire la piste de départ de leurs
bombardiers... pour celà, n'ont-ils pas embauché tous les
ouvriers, en règle ou non, attirés par l'appât du
gain... On pourrait s’attendre à les voir
détruire leur travail inutile. La vengeance atroce qui
marquerait leur dépit devait égaler l’odieux des
autres crimes qui ont accompagné leur départ.... Voici le
calendrier des jours tragiques qui se vécurent à
Saint-Yan du 27 août au 5 septembre, récit
rédigé par un témoin, qui donne ainsi la vision
exacte et sobre de ce que lui même a vu.
Dimanche 27 août - Le dimanche soir,
l’ordre est donné de démolir le camp
d’aviation.
On commence par faire brûler la ferme Merle, de la Plaine,
à cause des fourrages et des engrais qui y étaient
déposés. Cette ferme, réquisitionnée pour
le ravitaillement du camp, est complètement détruite par
le feu jusqu’aux murs. Dans la nuit, l’incendie illumine
tout le camp, spectacle puissant dans son horreur. Mais pour la
famille, quel triste désastre.
Lundi 28 août - Dès 7 heures, les
explosions se succèdent, annonçant la destruction
méthodique du camp et de ses munitions. Sous la
déflagration des bombes de 500 kilos, les maisons semblent
vaciller. Les habitants cherchent un refuge vers la campagne. On met le
feu aux baraquements dans le camp et autour de l’église.