LAPIN
(15 nivôse)

Pendant l’Antiquité,
les populations de lapins sont, semble-t-il, cantonnées sur la
zone occidentale de la Méditerranée. Les
Phéniciens rapportent (1000 ans avant JC), que dans la
Péninsule Ibérique, les lapins pullulent. Plus tard,
Pline l’Ancien raconte que les Ibères se délectent
de “laurices” qui sont des fœtus de lapin, ou des
lapereaux nouveau-nés, et que cette coutume alimentaire a
été adoptée par les Romains.
Dans le royaume des Francs, d’après Grégoire de
Tour, les moines consommeraient des laurices en temps de Carême,
pour ce faire, ils maintiennent des lapines en cage, d’ailleurs,
l’élevage des lapins est l’apanage des couvents.
En dehors des monastères, les lapins sont contenus dans des
espaces plus ou moins clos: des garennes, où on peut les
capturer à l’aide de lacets ou de filets.
Parallèlement, il se crée quelques élevages
où l’on sélectionne des races domestiques.
Jusqu’à la Révolution française; la
possession des garennes, et le droit de chasse est un privilège
des seigneurs.
Au 19ème siècle, les garennes sont progressivement
abandonnées au profit de l’élevage en clapiers, et
les lapins “de garenne” sont promus “gibier de
chasse”. (De gibier de chasse, le lapin est vite passé au
statut d’animal “nuisible pour les cultures", et
éradiqué par l’inoculation de la myxomatose).
Au début du 20ème siècle, l’élevage a
pris un essor considérable: le clapier sert de garde-manger
familial jusque dans les banlieues ouvrières, et la France
devient le premier producteur de viande et de fourrure de lapin.
Actuellement, les lapins qu’on trouve sur nos marchés sont
élevés en batteries, les jeunes banlieusards n’ont
ni jardin potager, ni clapier, ni poulailler.
De ce riche passé culturel “lapin”, la France garde
des fables, des contes, des romans, des peintures, des sculptures, des
expressions langagières:
Courir comme un lapin : Courir
à toute vitesse ou s'enfuir à toutes jambes.
Ne pas valoir un pet de lapin:
Ne pas valoir grand chose.
Sentir le lapin:
Dégager de mauvaises odeurs corporelles.
Faire le coup du lapin:
Attaquer par derrière, par traîtrise.
Le coup du lapin: Coup
porté sur les vertèbres cervicales comme l'on fait pour
tuer un lapin.
Pattes de lapin: Touffe de
barbe qu'on laisse pousser sur les joues, le menton étant
rasé.
Cage à lapins: Local
exigu et de peu de confort.
Un chaud lapin: Un homme
qui est porté sur les plaisirs sexuels.
Voyager en lapin: Voyager en
s'asseyant à côté du cocher.
Poser un lapin à
quelqu’un: Ne pas être au rendez-vous convenu.