BOUC
5 ventôse

"Quand on fait saillir la chèvre, il faut bien nourrir le bouc.
Quand
il a sailli une fois, on lui donne sept ou huit bouchées de son
et de
foin à manger; ensuite, on le remet en exercice avec la
même chèvre,
afin qu’on soit sûr qu’elle est pleine.
On châtre les boucs, ou chevreaux mâles, presque tous
à six mois ou un
an, pour qu’ils deviennent plus forts, de meilleur goût, et
d’une chair
plus délicate; on ne laisse de chevreaux entiers qu’autant
qu’il en
faut pour multiplier le troupeau; et il en faut peu, puisqu’un
bouc
suffit à cent ou cent cinquante chèvres.
On les tue au mois d’octobre (vendémiaire), parce que leur
peau sont
alors plus chère qu’en hiver, on ne prend que celle de ces
animaux qui
sont charnus.
Avant de les saler, on leur ôte toute leur graisse qu’on
fait fondre
pour faire du suif; c’est celui qui fait la meilleur et la plus
belle
chandelle.
On les sale comme le porc, hormis qu’il n’en faut pas
laisser refroidir la chair, qui ne prend le sel que quand elle est
chaude.
On ne sale jamais le bouc qui n’ait été
châtré six mois auparavant, pour
qu’il engraisse.
Leurs peaux, lorsqu’elles sont bien passées, servent
à
faire des gants, des souliers et des culottes. Dans certains pays on
s’en sert au lieu de barrique pour transporter l’huile en
d’autres
endroits. Ces espèces de sacs ou de barrils s’appellent
des outres.
Cette chère est grossière, mais bonne et nourrissante.
" (La nouvelle maison rustique,
an XII)

Il est bien connu que les boucs sont des êtres lubriques, des
fornicateurs, se livrant à des abominations qui font
frémir la nature.
Voyez ce qu'en dit Voltaire dans le Dictionnaire Philosophique.